La réaction que j’ai eu en voyant la bande-annonce d’Ad Astra était « encore une film de science-fiction sur l’espace ?! ». Il faut dire qu’avec Interstellar, Gravity, Seul sur Mars ou First Man, la déclinaison spatiale du genre S-F a bien fleuri ces dernières années.

Alors, verdict ?

Effectivement, comme l’a expliqué le réalisateur James Gray lui-même, Ad Astra ne ressemble à aucun autre film du genre. Le thème de la conquête spatiale est certes très présent mais passe tout de même au second plan de l’intrigue, centré sur l’astronaute (Roy McBride (joué par Brad Pitt). Ce film est d’abord un film sur la quête de soi, la quête d’un père absent mais aussi la quête divine.

Pas évident au départ de déceler ces éléments tant le film nous plonge au départ dans un monde supposé réaliste et pragmatique : dans un futur proche, les humains ont colonisé la Lune mais aussi Mars et ont voyagé aux confins du système solaire. L’antenne spatiale qui sert de relais avec les voyageurs spatiaux lointains subit des dommages dûs à un phénomène inexpliqué qui viendrait de Neptune.

Un film pas si réaliste que ça

Heureusement que j’ai dit que ce monde est « supposé réaliste » car la suite va vous étonner. On peut désormais se rendre près de Jupiter, Neptune ou Saturne, en quelques dizaine de jours et on peut se mouvoir dans l’espace en faisant des grands gestes à l’aide de sa combinaison spatiale.

On appréciera tout de même la volonté du film de respecter certaines conventions scientifiques comme le fait qu’il n’y ait pas de bruit dans l’espace (coucou Star Wars), car il n’y a pas d’air. Là où Nolan avançait comme argument de vente avec Interstellar que son film était très juste scientifiquement parlant, ce n’est pas forcément la volonté première de Gray.

Pour autant, le film reste très beau avec une esthétique particulière et une bande-son qui nous plonge vraiment dans un voyage spatial épuré et ponctué de quelques rebondissements jusqu’au dénouement final.

Seul sur Neptune

Dans ce film la quête de McBride (Brad Pitt) est d’abord personnelle, on l’a dit. Mais, en voulant proposer plusieurs sous-intrigues parfois mal ficelées ou trop profondes, le film a tendance à perdre le spectateur sur le but du film : retrouver le père de McBride (joué par Tommy Lee Jones) qui serait devenu fou après sa mission de recherche de vie extraterrestre.
Ce dernier personnifie pourtant bien « l’hubris » inhérente à l’homme qui se croit parfois plus puissant que Dieu.

Le final sur Neptune est un peu décevant (je vous passe la séance de surf sur les anneaux de Neptune) notamment sur les retrouvailles père-fils dont on attendait plus.

Ad Astra serait certainement un bon film s’il se voulait un peu plus adapté au grand public et s’il ne nous présentait pas l’espace comme un simple terrain de jeu sans règle. Pour sa part, Brad Pitt est resplendissant en astronaute torturé dont la débâcle nous touche et nous fait réfléchir sur l’importance de la famille. Avis mitigé donc…