En Avant : quand l’animation rencontre la catharsis.

En Avant : quand l’animation rencontre la catharsis.

Depuis près de 25 ans, Pixar n’en finit pas de surprendre dans le monde de l’animation. Depuis la sortie de Toy Story en 1995, le studio de blockbuster américain s’est distingué par des réalisations oscillants entre le très bon et l’exceptionnel.

Qu’en est-il du nouveau bébé “En avant” ? Analyse du premier blockbuster d’animation Pixar en 2020 !

Un tour de force incroyable pour un film d’animation

Pixar nous conte l’histoire de deux frères elfes qui découvrent la magie disparue de leur monde, à travers l’héritage de leur père décédé. Leur quête les emmène dans un road-trip à travers un univers peuplé de créatures fantastiques. Ceux-ci ont largement abandonné la magie au profit de la technologie.

Ce film réalise le tour de force de parler d’un sujet très sensible avec justesse et poésie. Le deuil des deux jeunes frères s’exprime à travers leur découverte de la magie. Pour la maitriser, ils passent par les 5 étapes habituelles du deuil (déni, colère, négociation, dépression, acceptation). Toute la subtilité du film est là.

Deux enfants cherchent un père parti trop tôt, et espère et le retrouver via une formule magique qui leur permettrait de passer 24 heures avec lui.
Vont-ils réussir ? Allez le voir vite si vous voulez le découvrir.

Une histoire magique sur fond d’analyses sociétales multiples.

Outre un scénario fortement inspiré par la vie du réalisateur Dan Scanlon (son père est décédé quand il était jeune), ce blockbuster de l’animation américaine traite d’autres sujets de société avec intelligence. On y trouvera le manque de confiance en soi des jeunes adolescents, la normalisation de l’homosexualité dans la société ou encore les aléas d’une famille recomposée. Le tout avec la finesse que l’on connait des films d’animations Pixar.

Si plusieurs scènes sont globalement attendues et que le scénario ne réserve guère de surprises, on appréciera une fin nuancée et pleine d’émotion. Alors oui, comme beaucoup de spectateurs dans la salle j’ai été ému. Depuis Là-Haut, on n’avait pas vu un blockbuster qui vous fait pleurer comme ça dans les 10 premières minutes du film et les 10 dernières.

On regrettera  néanmoins de ne faire qu’effleurer le monde fantastique de “En Avant” tellement il laisse penser qu’il est vaste.

Brillant blockbuster d’animation, allez voir “En Avant” si vous voulez rire, réfléchir et pleurer (un peu). Vous découvrirez un monde magique peuplé de licornes qui font les poubelles et de manticores qui tiennent des tavernes (eh oui, vous ne rêvez pas !). Décidément, l’animation se porte bien avec des bijoux venues des 4 coins du globes (voir la critique sur les Enfants du temps de Makoto Shinkai)

“En Avant” est une ode sentimentale à l’adolescence brillamment rendue qui touche profondément. L’animation a de fantastique qu’elle est offre une catharsis très efficace dans des cas comme la perte d’un proche. Un blockbuster PIxar qui va faire un carton au box-office !

[CRITIQUE] Ad Astra : perdu dans l’espace ?

[CRITIQUE] Ad Astra : perdu dans l’espace ?

La réaction que j’ai eu en voyant la bande-annonce d’Ad Astra était « encore une film de science-fiction sur l’espace ?! ». Il faut dire qu’avec Interstellar, Gravity, Seul sur Mars ou First Man, la déclinaison spatiale du genre S-F a bien fleuri ces dernières années.

Alors, verdict ?

Effectivement, comme l’a expliqué le réalisateur James Gray lui-même, Ad Astra ne ressemble à aucun autre film du genre. Le thème de la conquête spatiale est certes très présent mais passe tout de même au second plan de l’intrigue, centré sur l’astronaute (Roy McBride (joué par Brad Pitt). Ce film est d’abord un film sur la quête de soi, la quête d’un père absent mais aussi la quête divine.

Pas évident au départ de déceler ces éléments tant le film nous plonge au départ dans un monde supposé réaliste et pragmatique : dans un futur proche, les humains ont colonisé la Lune mais aussi Mars et ont voyagé aux confins du système solaire. L’antenne spatiale qui sert de relais avec les voyageurs spatiaux lointains subit des dommages dûs à un phénomène inexpliqué qui viendrait de Neptune.

Un film pas si réaliste que ça

Heureusement que j’ai dit que ce monde est « supposé réaliste » car la suite va vous étonner. On peut désormais se rendre près de Jupiter, Neptune ou Saturne, en quelques dizaine de jours et on peut se mouvoir dans l’espace en faisant des grands gestes à l’aide de sa combinaison spatiale.

On appréciera tout de même la volonté du film de respecter certaines conventions scientifiques comme le fait qu’il n’y ait pas de bruit dans l’espace (coucou Star Wars), car il n’y a pas d’air. Là où Nolan avançait comme argument de vente avec Interstellar que son film était très juste scientifiquement parlant, ce n’est pas forcément la volonté première de Gray.

Pour autant, le film reste très beau avec une esthétique particulière et une bande-son qui nous plonge vraiment dans un voyage spatial épuré et ponctué de quelques rebondissements jusqu’au dénouement final.

Seul sur Neptune

Dans ce film la quête de McBride (Brad Pitt) est d’abord personnelle, on l’a dit. Mais, en voulant proposer plusieurs sous-intrigues parfois mal ficelées ou trop profondes, le film a tendance à perdre le spectateur sur le but du film : retrouver le père de McBride (joué par Tommy Lee Jones) qui serait devenu fou après sa mission de recherche de vie extraterrestre.
Ce dernier personnifie pourtant bien « l’hubris » inhérente à l’homme qui se croit parfois plus puissant que Dieu.

Le final sur Neptune est un peu décevant (je vous passe la séance de surf sur les anneaux de Neptune) notamment sur les retrouvailles père-fils dont on attendait plus.

Ad Astra serait certainement un bon film s’il se voulait un peu plus adapté au grand public et s’il ne nous présentait pas l’espace comme un simple terrain de jeu sans règle. Pour sa part, Brad Pitt est resplendissant en astronaute torturé dont la débâcle nous touche et nous fait réfléchir sur l’importance de la famille. Avis mitigé donc…