Makoto Shinkai revient en force après le succès mondial de “Your Name” avec un nouveau blockbuster d’animation digne des meilleurs. Une animation délicate et précise vient transformer une romance juvénile apparemment ordinaire en un voyage magique et réaliste ainsi qu’en méditation sur de réelles préoccupations sociales et environnementale. Analyse du premier  blockbuster de l’année 2020…

Une perle d’animation

Le synopsis parait relativement simple : dans l’espoir de trouver une vie plus intéressante que celle de son lycée local, Hodaka Morishima s’enfuit dans un Tokyo imbibé de pluie. Avec peu d’argent, un statut de jeune homme mineur et sans papier, il découvre les avantages et les inconvenients d’une mégalopole comme Tokyo. Il rencontre ensuite plusieurs personnages qui vont changer sa vie. Parmi eux, Hina, une jeune fille qui semble être capable d’influer sur le temps qu’il fait par ses prières va bouleverser le cours de son existence et celle de tous les habitants du pays.

“Les enfants du temps” est une oeuvre du 7ème art lumineuse et nuageuse : il oscille entre les teintes grisâtres de Tokyo et les rayons du soleil provoqué par “la fille du soleil”. Les équipes de Shinkai capturent à la fois micro et macroscopiques: l’émerveillement d’une goutte de pluie agissant comme un prisme, projetant des réfractions sur les surfaces environnantes et la lueur produite par la lumière qui brille à travers les nuages. Tokyo devient presque un autre personnage du film. On sent chez Shinkai la volonté de suggérer que la magie existe dans le monde de tous les jours.

Des intrigues sociales et environnementales

Le film offre également une analyse à travers les personnages principaux Hodaka et Hina. On y voit deux problèmes majeurs rencontrés au Japon :  le sentiment d’impuissante face au monde du travail et la presison de la réussite ainsi que le “traditionalisme” et le respect scrupuleux des normes sociales.

Les pluies constantes qui inondent Tokyo suggèrent également une métaphore du changement climatique. Sans pour autant attaquer le problème frontalement, Makoto Shinkai propose un traitement sensible du problème et se situe à la limite du fantasme et de la réalité. Cet engagement, qu’on retrouve peu dans l’animation américaine ou européenne par exemple, s’inscrit dans la lignée des meilleurs réalisateurs de l’animation mondiale (Hayao Miyazaki entre autre).

Le film, qui prend clairement son temps, a donc l’avantage de pouvoir développer des intrigues et des personnages secondaires de manières plutôt interessante : le mentor pragmatique Keisuke Suga et la working girl naive Natsumi, ou encore Nagisa, le petit frère d’Hina qui est un vrai tombeur avec les filles.

La pluie ne tombe pas simplement dans «Les enfants du temps, un anime sur l’amour en temps de catastrophe, elle jaillit. Le torrent record qui déferle sur Tokyo est implacable: il inonde les rues et les maisons, enveloppant la ville d’une lourde couverture grise pleine de lyrisme. Shinkai n’a pas fait mieux que “Your Name.” mais propose quelque chose de différent et de plaisant. Ce qui se fait de mieux dans le 7ème art option animation.