Après l’énorme succès de la saga Dragons, Dreamworks revient sur le devant de la scène du film d’animation avec son nouveau venu : Abominable. Le film, co-réalisé par Jill Culton et Todd Wilderman présente une intrigue à la fois originale mais aussi assez calibrée pour le grand public. L’histoire du voyage initiatique de Yi pour retrouver la maison du Yéti, accompagné par 2 compagnons convaincra-t-elle le public ?

La chine et le personnage mythique du Yéti sont à l’honneur dans ce blockbuster de l’animation : Analyse et critique, c’est parti !

Une fable moderne

L’histoire d’Abominable c’est celle de Yi, une jeune chinoise qui découvre un Yéti sur son toit. Elle décide l’aider à le ramener chez lui dans l’Himalaya à l’aide des ses amis Peng et Jin. Sur leur routes vont se dresser des ennemis mal-intentionés mais aussi le relief et les paysages chinois.

Le personnage principal, Yi, est une héroïne ! Et ce n’est pas commun chez Dreamworks. Abominable est également le premier film à être mené majoritairement par des femmes (Jill Culton à l’écriture et la co-réalisation et Suzanne Buirgy à la production) et cela se voit. Exit les histoires d’amour qui polluent parfois les intrigues et bonjour une héroïne moderne qui n’existe pas uniquement par sa relation avec un personnage masculin. Le développement du personnage de Yi est profondément féministe : à aucun moment le film n’insiste sur sa condition de jeune fille mais la présente simplement comme un personnage indépendant et avide de liberté. D’autres personnages féminins participent également à un scénario avec quelques rebondissements bienvenus. La thématique écologique est aussi abordée d’une manière détournée et accessible pour les petits et les grands et fait avec son temps, même pour un blockbuster.

Un Yéti mignon au design un peu trop… marchant ?

A la fois mignon et originale le design de l’autre personnage principal d’Abominable participe au rendre ce film appréciable. L’esthétique fine et colorée (malgré un personnage rustre et plutôt monochrome) plaira certainement beaucoup aux enfants et on sent toute la stratégie marketing de Dreamworks qui cherchera forcément à vendre beaucoup de produits dérivés de cette boule de poil.

En parlant de poil, le niveau de détails de ce Yéti est assez impressionnant, on aurait presque envie de se serrer contre lui dans son pelage tout doux tellement l’image est fine. Bref, l’avantage de ce genre de blockbuster c’est qu’on est rarement déçu par l’esthétique tant les moyens actuels sont colossaux.

Abominable et la Chine, une histoire d’amour ?

Issu d’une coproduction sino-américaine, ce film fait également la part belle aux paysages chinois typiques (sans rentrer dans le cliché) et à la poésie qui fait le charme de ce pays. Il semble rattrapé par l’actualité en Asie puisque une scène du film présente une carte avec des frontières maritimes chinoises controversées : Les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, Brunei et Taïwan contestent les revendications chinoises  dans cette zone et certains demandent à ce que la carte soient retirée du film. Le 7ème art se mêle donc à la géopolitique dans une actualité brûlante.

Une ode moderne au féminisme et à un retour à la simplicité de la nature. Une esthétique originale qui ravira les petits et les grands. Abominable est un blockbuster d’animation touchant qui reste malgré tout calibré. Son succès, qui dépent beaucoup du marché asisatique, sera-t-il menacé par l’incident diplomatique qu’il a provoqué ?