À la suite de la pandemie qui touche le monde actuellement, le modèle actuel de blockbuster est menacé. Quand l’actualité rattrape le cinéma de blockbuster, c’est tout un modèle qui tremble et menace de s’effondrer !

Analyse du cinéma de blockbuster à la lumière d’une actualité mouvementée.

L’équilibre financier précaire du blockbuster

On en parlait déjà quand on avait vu Disney racheter plusieurs studios de blockbusters et gagner des parts de marchés sur le cinéma hollywoodien. La menace qui pèse sur le modèle actuel du blockbuster est encore plus présente désormais.

Tous les ans, les blockbusters envahissent les salles de cinéma à deux périodes de l’année bien précise : Noël et l’été. Cette dernière période représente pas moins de 40% du chiffre d’affaire annuels des studios de cinéma américains. Selon comScore, cette crise représente un manque à gagner d’au moins 4 milliards de dollars pour chaque studio.

Le modèle actuel des studios favorise des investissements massifs sur un ou deux blockbusters par an qui assurent une rentabilité et une pérennité aux investisseurs. Avec cette crise sanitaire, c’est tout le cinéma de blockbuster qui est en danger.

Des sorties de blockbusters bouleversées par l’actualité

Concernant les sorties, les décisions des studios ont des effets boule de neige. Universal a commencé par reporté le prochain James Bond : Mourir peut attendre. Initialement prévu pour le 25 mars 2020, le blockbuster le plus attendu de cette année est repoussé à novembre 2020.

S’en sont suivies les annonces de Sony avec le report de S.O.S. Fantômes : L’Héritage et Morbius, et Disney avec Mulan, Black Widow et Les Nouveaux Mutants.

Toute ceci impacte fortement la stratégie marketing de ces films à gros budget. Certains films, sortis juste avant le début de la pandémie, ont du trouver des solutions d’urgence pour éviter le fiasco économique.

La fin de la chronologie des médias en France ?

Depuis 1980, la France a adopté une règle de diffusion des œuvres du 7eme art après leur sortie en salle. La sortie en VOD (location de film payante) est autorisée seulement 4 mois après la première projection. Canal + (grand contributeur du cinéma français) peut ensuite la diffuser 10 mois après la sortie. Viennent ensuite les chaines coproductrices (22 mois) et les autres chaines (30 mois).

Étant donné la situation du 7eme art en France et dans le monde, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a pris une décision exceptionnelle pour les « exploitation en salles de spectacles cinématographiques au 14 mars 2020 » et de fait, raccourcir le temps de sortie en VOD. La mesure bien qu’exceptionnelle, a fait réagir les fervents partisans de l’exception culturelle française protégée par cette chronologie. Pire encore ! Le CNC annonçait également une réflexion sur les sorties directes en VOD pour les films programmés après la déclaration de la pandémie.

Alors, simple exception, ou généralisation du modèle si l’épidémie se poursuit ? L’été nous le dira certainement…

Il reste peut-être une lueur d’espoir pour cet été. Certains films très attendus comme Wonder Woman 1984 ou Tenet de Christopher Nolan sont programmés pour la fin de l’été.

Ils pourraient bien faire figure de sauveurs du modèle de blockbuster si les salles réouvrent bien avant la fin de la période estivale.